Dans le jargon des habitants on ne disait pas la rue du Masgoulet , mais le Masgoulet. Pourquoi cette appellation ? Parce que cette rue dont les habitations ont disparu , a une histoire qui lui est propre et qui est aussi la nôtre.
située sur la rive droite de la vienne en amont du pont Saint Etienne , tout prés du port du naveix , lieu de rencontre de la jeunesse des ponts et des habitants qui allaient laver leur linge sur les bords de la rivière et s'oxigéner dans cet endroit , malgré l'existence d'un égout à ciel ouvert à la sortie duquel foisonnaient les poissons.
dans les années 50 les petits commerces étaient nombreux dans le quartier et dans le Masgoulet 3 épiceries avaient pignons sur rue.
Chez l'une d'elle, tenue par madame Maucourant , épicerie buvette , se trouvaient les habitués de la belote, devant une chopine de Blanc.
il y avait aussi une boucherie tenue par madame Licoine qui faisait entre-autre des bons pâtés trés parfumés au thym et au laurier.
vers le milieu de la rue , un portail en fer indiquait l'entrée d'un maraîcher dont les cultures se prolongeaient jusqu'a l'usine GDA , fabrique de porcelaine.
tout prés de là , le domicile de la " mére Noilhaguet " marchande de porcelaine déclassée. Bien des limougeauds se souviennent de sa silhouette imposante au coin des halles ou elle vendait sa marchandise sur une charrette tirée par un âne qui répondait au doux nom de Poulou.
Aux deux extrémités de la rue 2 bornes fontaines assuraient le besoin des ménages , ce qui obligeait les habitants à faire de nombreux va-et-vient pour transporter l'eau avec un sceau.
il n'y avait pas de tout a l'égout bien sûr et les eaux de vaisselle s'écoulaient dans les canivaux.
de l'autre coté de la rue , peu de maison car un long mur délimitait la propriété des soeurs du bon pasteur.
tous les gens se connaissaient d'un bout de la rue a l'autre , alors qu'aujourd'hui on connaît à peine son voisin.
la densité de la population y était forte car chaque famille se composait en moyenne de sept a huit personnes. La vie était trés difficile car il n'y avait qu'un seul salaire.
souvent en fin de mois il fallait dire a l'épicier , " on vous paiera le mois prochain " et il n'y avait aucun problème , la pratique était courante et il avait confiance.
la nourriture était trés modeste mais assez conséquente.